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Jean-Paul au théâtre

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Poète d'humour et de gravitJJnes et autres plaisirs démodés.

Dans le hall du Théâtre d'Aujourd'hui, où je rencontre Marcel Pomerlo, André Perrier et quelques autres artisans de My name is Jean-Paul, nous commençons par parler des objets rétro rassemblés par la scénographe Lucie Bazzo pour cette production. Vieux abat-jour en velours. Références aux années 40 ou 50. Lampes en étain.

Sur l'intime scène de chez Jean-Claude Germain, il y aura un souci de transposer quelque chose de passionné, de brûlant, de kitsch peut-être. Une ambiance qui suggère l'amour dans les années 40 et 50, dans un appartement montréalais empreint d'un souvenir new-yorkais.

«On a créé un personnage de théâtre qui s'appelle Jean-Paul, un être qui voudrait que chaque minute de son quotidien soit explosive et plus grande que nature, qui a besoin que la vie soit constamment comme le dernier jour», évoque le comédien Marcel Pomerlo, qui a fait des lectures de Daoust dans plusieurs festivals.

À force de fréquenter Daoust, Pomerlo a eu le goût d'en faire un personnage théâtral. Bien que l'homonyme du poète incarne toute la démesure de la poésie daoustienne, il n'est guère une copie de l'homme Daoust. «On a nommé Jean-Paul cet homme qui revient comme le narrateur de plusieurs poèmes. Il voyage beaucoup dans les fêtes, son cerveau est en ébullition, son imaginaire déborde», indique André Perrier.

La vie, la mort et autres démons

La dynamique théâtrale imaginée par le tandem Pomerlo-Perrier se traduit par un tango entre cet être de démesures (rendu par Pomerlo) et les «démons» (incarnés par Paul-Antoine Taillefer, Harry Standjovski et Marie-Josée Gauthier) qui hantent les murs de sa maison. Les références cinématographiques sont très présentes, soutient André Perrier, qui affirme que ces démons confrontent le personnage poète à «la platitude de sa vie».

Pour composer ce collage théâtral, Pomerlo et Perrier ont obtenu carte blanche pour puiser ce qu'ils voulaient dans l'oeuvre de Daoust. De leurs recherches, ils ont conservé une quinzaine d'extraits, dont plusieurs proviennent de L'Amérique, un long portrait du déclin américain publié en 1999 chez XYZ.

«Ce texte traduit avec une certaine cruauté le clinquant de Chicago, d'Hollywood, d'une Amérique qui perd ses repères», dit André Perrier. De façon toute paradoxale, l'amour de la nature émane de l'oeuvre du poète né en 1946 à Valleyfield. «C'est quelqu'un qui est très admiratif des choses simples, de la pure beauté d'une fleur, d'un animal, d'un arbre», souligne André Perrier, qui insiste sur le caractère accessible et clair de la poésie de Daoust.

Poésie

Perrier, qui en 2004 signait le spectacle Du pépin à la fissure (inspiré d'un autre poète nommé Jean-Paul, Desbiens celui-là), soutient que la scène sied bien à la poésie. D'où l'enthousiasme de la directrice artistique du Théâtre d'Aujourd'hui, Marie-Thérèse Fortin, lorsque lui a été proposé le concept de My name is Jean-Paul. «C'est une parole très forte, connue du milieu littéraire, mais moins dans le grand public. Il faut la faire entendre!» s'emballe-t-il.

My name is Jean-Paul, collage de textes de Jean-Paul Daoust réalisé par André Perrier et Marcel Pomerlo, mise en scène d'André Perrier, du 16 avril au 9 mai 2009 à la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d'Aujourd'hui.

 

Prière New-Yorkaise

Mon Dieu j'ai besoin d'argent
De beaucoup d'argent
La santé je l'ai
Merci mon Dieu
Mon chum aussi
Oh mille mercis mon Dieu

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J'écris

J'écris
Pour des autoroutes tachées
De paillettes de sang

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